J'ai hésité a publier ce texte, mais il me semble que c'est une manière de l'honorer, lui qui était un artiste, un créateur (et un lecteur de ce blog).
(à Thierry - le 09/05/2012)
Je viens d'apprendre ton départ
Tout est couleur de plomb
Tu as quitté ce jardin d'angoisses
Où le printemps n'arrivait pas
Une nuit profonde, peuplée de sifflements,
Intolérable
Nous voulions tant te retenir
Tu nous étais indispensable
Humble et chaleureux
La musique coulait à flots dans tes veines
Ton saxo souffle puissant
Chant de liberté labouré dans les douleurs
Chant joyeux tissé aux profondeurs
L'aube tarde encore
Les larmes de ce jour fondent sur toute la terre
Je ne les retiens pas
Dès qu'un rayon perce
Elles étincellent de ton sourire
Il y a toujours un rayon qui perce
L'amour que tu as tant aimé ne te fera pas défaut, dans l'autre pays
Éclats de vers
Textes écrits au fil de l'eau, quelques-uns chantés - François Clairambault
mardi 15 mai 2012
et après
Ah, Thierry
Symphonie inachevée
Tu aurais pu composer un bouquet de fleurs de saxo au soleil rasant
De cette herbe qui court devant notre voiture
Et je suis seul à le voir ce soir, revenant de ton départ
Alors,
Je peindrai sans relâche
Je peindrai de mémoire avec toi
Je peindrai avec des mots, les seuls outils que je connaisse un peu
Je ne veux plus jouer à l'abri des vagues
Je veux jouer comme un enfant, avec un sérieux de mort
Et une légèreté de chat
Je peindrai avec les tâches de vin qui sont toujours dans mes tripes,
et mon coeur
Je peindrai avec des griffes de velours
Avec la joie des profondeurs
Là où le noir est aussi une couleur
Je peindrai pour l'inconnu
Dont le mystère sourd en creusant la matière
A la pointe immobile du souffle d'une parole
Je peindrai de mémoire avec toi
Symphonie inachevée
Tu aurais pu composer un bouquet de fleurs de saxo au soleil rasant
De cette herbe qui court devant notre voiture
Et je suis seul à le voir ce soir, revenant de ton départ
Alors,
Je peindrai sans relâche
Je peindrai de mémoire avec toi
Je peindrai avec des mots, les seuls outils que je connaisse un peu
Je ne veux plus jouer à l'abri des vagues
Je veux jouer comme un enfant, avec un sérieux de mort
Et une légèreté de chat
Je peindrai avec les tâches de vin qui sont toujours dans mes tripes,
et mon coeur
Je peindrai avec des griffes de velours
Avec la joie des profondeurs
Là où le noir est aussi une couleur
Je peindrai pour l'inconnu
Dont le mystère sourd en creusant la matière
A la pointe immobile du souffle d'une parole
Je peindrai de mémoire avec toi
lundi 14 mai 2012
Quand tu étais éteint
Ajout : petite mise en musique
Cliquer sur la flèche :
Cliquer sur la flèche :
Éteint
Tu ne pouvais plus soulever les jupes du monde
Interroger les sourires qu'on ne voit pas
Casser les silex pour leur voler le feu
Casser les silex pour leur voler le feu
Comme une voile percée ne prend plus le vent
Comme maman âgée
Démunie devant la mince armure d'une boîte de conserve
Il a fallu accepter ;
Accueillir quelques gouttes de pluie,
Lunettes en pierres de ciel pour tes yeux fatigués
Tu t'habitues à la pénombre
Aux lueurs étonnantes qui se font deviner
Aux murs d'enceintes
Aux mystères tels qu'ils s'offrent
Les saluer
Les écouter
Te réjouir simplement, te réjouir en eux
Ta faiblesse est ta force
Accueillir quelques gouttes de pluie,
Lunettes en pierres de ciel pour tes yeux fatigués
Tu t'habitues à la pénombre
Aux lueurs étonnantes qui se font deviner
Aux murs d'enceintes
Aux mystères tels qu'ils s'offrent
Les saluer
Les écouter
Te réjouir simplement, te réjouir en eux
Ta faiblesse est ta force
samedi 12 mai 2012
Il faut descendre encore plus bas
Ajout : petite mise en musique
Cliquer sur la flèche :
Cliquer sur la flèche :
Il faut descendre encore plus bas
Envol de trilles
Dans l'encre noire de l'aveugle espérance
Je suis cet oiseau en hiver
Le souffle court au démarrage
Deux ressorts neufs dans les artères
La sève qui met du temps à remonter
Mémoire
La courte étreinte d'un boa
Que cela passe
Ailleurs
Hors ma maison
Et ma page se recouvre de neige
Innocente et vide
Les mots sous avalanche ne jouent plus au silence
Alors jaillit le chant d'une autre couleur
Vers un soleil lentement élevé sur mon pays de crachin
samedi 5 mai 2012
10 ans, 10 jours
Ajout : petite mise en musique
Cliquer sur la flèche :
Par touches de douceur
La chaleur échappée au vent frais des nuages
Déclare le printemps
Il y a dix ans et dix jours
J'ai tourne la tête au vin
Jamais plus l'inverse
Mes printemps ont tous même enfance
Aux multiples chemins
Chemins de montagne aux vents acérés
Chemins de forêts à la chevelure d'humus
et aux trilles joyeuses
Chemins des gouffres morts, des sirènes pourries,
Fasciné du vomi des rejets en chaînes
Chemin des mains tendues, des regards étendus,
Détendus
Un sourire les parcourt tous
Je ne les quitte pas
Quand je demande au vent "Qu'elle est ta meilleure nouvelle ?"
Tout étonné, j'entends "C'est toi"
Cliquer sur la flèche :
Par touches de douceur
La chaleur échappée au vent frais des nuages
Déclare le printemps
Il y a dix ans et dix jours
J'ai tourne la tête au vin
Jamais plus l'inverse
Mes printemps ont tous même enfance
Aux multiples chemins
Chemins de montagne aux vents acérés
Chemins de forêts à la chevelure d'humus
et aux trilles joyeuses
Chemins des gouffres morts, des sirènes pourries,
Fasciné du vomi des rejets en chaînes
Chemin des mains tendues, des regards étendus,
Détendus
Un sourire les parcourt tous
Je ne les quitte pas
Quand je demande au vent "Qu'elle est ta meilleure nouvelle ?"
Tout étonné, j'entends "C'est toi"
vendredi 4 mai 2012
mardi 1 mai 2012
Larme de sel
Ajout : petite mise en musique
Cliquer sur la flèche :
En s'ouvrant au matin, tout petit dans la brume
Mon œil a récolté une larme de sel
Cliquer sur la flèche :
En s'ouvrant au matin, tout petit dans la brume
Mon œil a récolté une larme de sel
Cueillie en eaux profondes
Fine fleur de neige apprivoisée
Cadeau brûlant,
Doux-amer
Pour voir différemment,
Aimer plus humblement
O
Si j’ai honte de mes encombrants
Si j’ai raté la benne du dernier lavement,
encore
Je suis ici
Sans haine
A recevoir le vent
Et jouer la musique
Que les printemps de feu ont gravé dans ma chair
J’ai compris que mon but est ton commencement
dimanche 22 avril 2012
L'adieu
Je touche ta main trop froide,
Regarde ton visage, feu-follet pris en glace
Devenu le même que celui de tes sœurs
Dans le calme hivernal d’un cocon délaissé
Avant de lancer une fleur sur le bois
Je caresse ses flammèches jaunes
Pose mes lèvres sur la tige fraîchement tranchée, humide
J’ai lu mon petit mot
Pour honorer ta longue danse
Et te laisser partir
Il faut descendre en terre,
Sous le toit de ce fils tellement aimé,
Parti vingt ans plus tôt,
Et il faut se courber
Un homme au sourire buriné tend le bras
A ceux qui trébuchent au sortir du tombeau
Le soleil saute nuages et nous enveloppe d’une lueur baptismale
vendredi 30 mars 2012
Au matin dans le salon
Tu joues avec un prélude de Bach et une guitare
La porte baille sur le jardin en plein éveil
Tu entends alors les oiseaux intensifier leur chant
Comme s'ils t'acceptaient dans leur orchestre
avec tes maladresses
Incrédule et curieux, tu arrêtes, puis reprends ton jeu
Eux aussi
Les étoiles, bien cachées dans l'azur, sourient malicieusement
Tu joues avec un prélude de Bach et une guitare
La porte baille sur le jardin en plein éveil
Tu entends alors les oiseaux intensifier leur chant
Comme s'ils t'acceptaient dans leur orchestre
avec tes maladresses
Incrédule et curieux, tu arrêtes, puis reprends ton jeu
Eux aussi
Les étoiles, bien cachées dans l'azur, sourient malicieusement
jeudi 29 mars 2012
Oui,
Je vais jeter mes esquisses
Bribes de phrases
Mots débridés
Branchages en fleur a-cueillis au couteau d'émotions
Petites feuilles précieuses
Conservées en cahier
Conservées en serre dans l'espoir de lendemains inspirés
où elles trouveraient place dans un chant
La vertu de la source est de couler sans cesse
Et, homme de petite vertu, la mienne est d'y puiser
Sans faire de provisions
Je vais jeter mes esquisses
Bribes de phrases
Mots débridés
Branchages en fleur a-cueillis au couteau d'émotions
Petites feuilles précieuses
Conservées en cahier
Conservées en serre dans l'espoir de lendemains inspirés
où elles trouveraient place dans un chant
La vertu de la source est de couler sans cesse
Et, homme de petite vertu, la mienne est d'y puiser
Sans faire de provisions
| Photo François Clairambault - février 2012 |
mercredi 28 mars 2012
Je te regarde avec mes yeux d'en haut
Jeune femme enturbannée à la longue jupe de couleurs et aux deux sacs jaune fluo
Homme de moyen age au crâne rasé qui fait les cent pas dans le square
Et toi,
et toi encore
Ne suis-je pas le centre du monde, la vigie haut perchée qui observe
et qui cherche les traces d'un nouveau pays
dans tous les sillages et les rides du temps ?
Lorsque tu m'abordes pour demander ton chemin, je descends d'un étage
Lorsque tu te livres en partage, je descends de deux
Quand j'ai rejoint la terre, mon regard peut monter
Lorsque je te veux du bien à tout prix, le descenseur a fonctionné
Je n'ai plus le vertige et nous pouvons causer
Jeune femme enturbannée à la longue jupe de couleurs et aux deux sacs jaune fluo
Homme de moyen age au crâne rasé qui fait les cent pas dans le square
Et toi,
et toi encore
Ne suis-je pas le centre du monde, la vigie haut perchée qui observe
et qui cherche les traces d'un nouveau pays
dans tous les sillages et les rides du temps ?
Lorsque tu m'abordes pour demander ton chemin, je descends d'un étage
Lorsque tu te livres en partage, je descends de deux
Quand j'ai rejoint la terre, mon regard peut monter
Lorsque je te veux du bien à tout prix, le descenseur a fonctionné
Je n'ai plus le vertige et nous pouvons causer
mardi 27 mars 2012
jeudi 22 mars 2012
Transhumance
Fin de voyage
Après une heure de métro
Je reprends souffle
Sur la terre presque vague
qui borde l’avenue
Mon ombre broute les
pissenlits et leurs aigrettes,
Barbes à papa à demi
dévorées
Semences frêles à
l'assaut du cosmos
Dans l'écume des ciels
Sur la piste aux étoiles
Elles fécondent ma lune
Je rentre
Lourd-léger d'un chant à
naître
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